Le transfert est l'un des éléments de base du concept EuroCom. Dans le domaine de l'apprentissage des langues et au regard de la psychologie de l'apprentissage, le transfert désigne l'ensemble des connaissances déjà acquises qui influencent l'acquisition d'une nouvelle langue. Dans le cadre de l'apprentissage pluriel des langues, le transfert s'opère principalement par le recours (inconscient et/ou contrôlé/ciblé) aux connaissances linguistiques et générales pré-acquises de l'apprenant (Reinfried 1999,119). Ces processus entraînent notamment le transfert de modèles et de structures linguistiques. Si ces derniers se déroulent avec succès, on parle de transfert positif ou d'inférence, sinon, de transfert négatif ou d'interférence (Grosjean 2011). Souvent, les faux amis sont cités comme exemples d'interférences (Reissner 2007,73 suiv.).
En travaillant de manière intercompréhensive, on apprend à plusieurs niveaux linguistiques, car le transfert s'effectue dans plusieurs directions : on apprend au niveau du système linguistique de la langue cible ou au niveau de la langue source, quand on réfléchit sur le fonctionnement, la formation des mots ou lors que l'on cherche par exemple un mot dans une des langues (travail intra-langue).
Enfin, on élargit ses compétences à travers les langues, en recherchant des mots correspondants dans d'autres langues et en établissant des liens entre eux : on apprend alors les similitudes et les différences entre les différentes langues (au niveau inter-langue). Des études montrent que l'on renforce même « rétroactivement » ses connaissances dans les langues apprises précédemment, lors qu'en y réfléchit, on les active et les consolide (Meissner 2003,96). Le travail dans et à travers les langues est essentiel pour le développement de la conscience linguistique, l'un des facteurs clés pour le travail intercompréhensif.
Outre les compétences linguistiques, constituent également des ressources importantes la capacité à situer une langue dans différents contextes de communication ou à interpréter les expressions faciales et les gestes d'un interlocuteur. Elles aussi peuvent être exploitées dans le cadre du travail linguistique. Enfin, la capacité à situer la langue dans différents contextes ou à interpréter les expressions du visage et les gestes d'un interlocuteur sont d’autres ressources que l'on peut exploiter pour le travail linguistique (Doyé, 2005).
Les internationalismes, le savoir encyclopédique et les langues dites « passerelles » ou « langues-pont » jouent un rôle particulier dans l'apprentissage pluriel, à travers plusieurs langues. Il y a plus d'informations concernant ces différentes ressources de transfert dans les sections suivantes.